Parkinson : stop aux effets secondaires des traitements
Focus - Parkinson
Par H. Combe pour WiCare, publié le
29/04/10 - mis à jour le 18/05/10.
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Une récente étude sur la maladie de Parkinson réalisée par des chercheurs français prouve qu'il est possible, chez le singe et le rat, de supprimer les effets secondaires gênants du traitement le plus utilisé contre cette maladie.
La maladie de Parkinson résulte d'un déficit en dopamine, une molécule du système nerveux appelée neurotransmetteur. Les traitements actuels de cette maladie consistent à donner, par voie médicamenteuse, un substitut de la dopamine - la L-dopa - au cerveau. C'est malheureusement là que le bât blesse : le traitement par la L-dopa, parce qu'il n'est pas aussi finement régulé que la libération de dopamine au niveau des synapses, entraîne des effets secondaires parfois pires que les symptômes parkinsoniens. Parmi eux, les plus courants sont des mouvements involontaires appelés dyskinésies. Il a été démontré que les dyskinésies étaient dues à un déficit en une protéine nommée GRK6, responsable de l'inactivation des récepteurs dopaminergiques. Chez une personne en bonne santé, un excès de dopamine dans le cerveau entraîne, grâce à l'intervention de GRK6, une diminution du nombre de récepteurs de la dopamine disponibles. L'action du neurotransmetteur est donc finement régulée. Chez les sujets atteints de la maladie de Parkinson, le manque de GRK6 induit la présence, en continu, des récepteurs à la surface des neurones, quelle que soit la quantité de L-dopa en présence.
Virus en renfort
Dans une étude parue dans la revue Science translational medicine du 21 avril 2010, des chercheurs de Bordeaux associant l'Inserm et le CNRS au sein du laboratoire "Mouvement, adaptation, cognition" (CNRS / Universités Bordeaux 1 et 2) viennent de découvrir qu'il est possible de réduire les dyskinésies chez le rat et le singe. Les scientifiques ont pour cela réintroduit dans le cerveau la protéine GRK6 qui faisait défaut. En utilisant le principe de la thérapie génique, ils ont introduit dans un virus rendu inoffensif les gènes responsables de la synthèse de cette protéine. Le virus, appelé vecteur, a été placé par voie chirurgicale dans la région du cerveau où se situent les troubles moléculaires responsables des dyskinésies : le striatum. Chez le singe et le rat, les résultats ont été sans appel : l'expression accrue des GRK6 permet de retirer des récepteurs à la dopamine de la surface des neurones. Les animaux parkinsoniens dyskinétiques peuvent alors pleinement bénéficier du traitement à la L-dopa, leurs symptômes parkinsoniens sont améliorés et ils ne présentent plus de dyskinésies sévères. Dans un communiqué de l'Inserm, les chercheurs précisent : "Cette avancée montre que nous nous intéressons à la bonne molécule. Mais nous sommes conscients que la technique que nous avons utilisée ne sera pas rapidement accessible en routine chez l'homme. Nous avons donc d'autres idées pour proposer des solutions adaptées aux patients parkinsoniens".
Cette étude, qui n'est pas sans rappeler les progrès en trithérapie génique accomplis par les chercheurs et les neurochirurgiens du Molecular imaging research center (MIRCen), de l'Université Paris 12 et de l'hôpital Henri Mondor, en octobre dernier, permet de croire en des progrès décisifs au cours des prochaines années.
Crédits Photo : A la une - an elderly couple - thekevinchang - Flickr - Licence CC
Sources
- Lentiviral Overexpression of GRK6 Alleviates l-Dopa - Induced Dyskinesia in Experimental Parkinson's Disease dans la revue Sci Transl Med du 21 avril 2010
- Diminuer les effets secondaires liés au traitement de la maladie de Parkinson : c'est possible ! - Communiqué de presse de l'Inserm
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